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Congo Brazzaville : les combattants pour la liberté en passe de réussir leur pari ?

Sassou-sommeil

S’il y a une qualité que tous les analystes de la scène politique congolaise reconnaissent en monsieur Denis Sassou Nguesso, c’est son intelligence d’obtenir le soutien des opposants par cooptation et corruption, et celle de bâillonner le peuple congolais par la terreur et la peur.

C’est en tenant compte de cette qualité, malheureusement morbide et inhumaine, que les combattants « pour » la liberté s’étaient faits le « pari » d’éveiller les consciences du peuple congolais afin d’une part, « de briser le climat de peur et de terreur » installé par la dictature; et d’autre part « de briser l’esprit indigne de nombreux hommes politiques » à qui le dictature a laissé croire que la vie d’un homme n’a de sens qu’à travers du matériel qui n’est que vanité de vanité.

Au vu de plusieurs événements depuis quelques mois, l’on remarque de plus en plus, une « prise de conscience » dans la majorité de couches sociales congolaises. Des langues ne cessent de se délier, au point où même des sages s’engagent de dire clairement aux valets du despote congolais, « ne pas les soutenir » dans leur projet permettant à leur chef de maintenir notre peuple à la servitude au-delà de 2016. Les jeunes s’organisent contre, les étudiants critiquent, les militaires boudent, les fonctionnaires crient leur colère, la société civile dénonce, les magistrats et les défenseurs des droits de l’homme accusent, les politiques s’abstiennent et osent. La grogne qui se prépare est palpable. La colère se lit sur tous les visages des congolais. La soif de liberté est remarquable ! Le rêve de vivre la fin de cet homme immonde qui, plusieurs années durant, aura causé du tort à tout un peuple.

Et à l’opposé, un homme ! Un homme qui se taire, qui tente de sortir ses chiens de chasse et les retient parce qu’il a peur du bruit entendu. Le bruit d’un peuple en colère et sage ! Ses chiens aboient à tout bout de champ. Même le bruit d’une mouche les fait aboyer. Ils arrêtent tout ce qui bouge. Même des journalistes de petites chaines numériques leur font peur. Les chiens fouillent les sacs, épluchent les passeports de chacun des voyageurs qui descendent d’un avion en provenance d’une ville à une autre, ou en provenance de l’extérieur. Des opposants politiques sont interdits de sortie du territoire. Des collaboratrices et collaborateurs des transfuges du pouvoir sont menacés. Même nos frères de l’autre rive du fleuve en font les frais. Et des sbires envoyés pour terroriser le peuple sont spectaculaire rayés des effectifs. Un vrai climat de terreur et de peur qui a changé de camp. Oui, la peur a changé de camp ! Le général d’armée a peur, malgré de nombreux miliciens et mercenaires étrangers qui le gardent nuit et jour. Il n’a plus sommeil ! Il voit le diable partout. Même dans son lit. Il a peur du retournement même de sa femme chérie. Il étouffe ! Il va finir par craquer !

Comment pourrait-il tenir longtemps ? En se droguant ? Va-t-il mettre aux arrêts tout ce peuple, plus que jamais mobilisé pour sa liberté ? Jusqu’où ira-t-il ?

D’après nos sources, un de ses valets aurait déclaré il y a quelques jours à un proche : « Je n’ai pas souhaité avoir le pouvoir; mais le président a reconnu mon savoir-faire et aujourd’hui je fais de mon mieux pour ce pays. Mais les gens sont ingrats. Aujourd’hui si on quitte brusquement le pouvoir, ils nous feront la peau. Ce sont des criminels, ces gens qui veulent être au pouvoir ».  

Cela explique pourquoi Denis Sassou Nguesso et ses laquais tiennent absolument à conserver ce pouvoir. Ils sont conscients du mal qu’ils ont fait à ce peuple.

Mais en lisant ces mots, l’on se pose bien la question de savoir si les laquais du dictateur congolais ont compris que c’est plutôt leur chef qui est « ingrat ». Lui a qui ce peuple avait accordé son « pardon sincère » en 1991, alors qu’il méritait de terminer en prison. Mais, il en a malheureusement abusé en croyant que ce pardon est une marque de faiblesse. Il s’est gravement trompé et en paie le prix aujourd’hui!

Une chose est sûre, les combattants « pour » la liberté ont réussi leur pari : « Eveiller les consciences de notre peuple ».

Et Denis Sassou Nguesso qui était abusivement présenté par certains comme un « faiseur de paix » au Congo est aujourd’hui vu par nombreux, même dans son propre camp et parmi des soutiens de fait, comme un « obstacle à la paix » au Congo et dans la sous-région d’Afrique centrale. Les masques de cet homme assoiffé du pouvoir tombent chaque jour que l’on s’approche de 2016. 2016 ! L’année de tous les malheurs du dictateur congolais.

MCCD : La Voix du Peuple Libre

One comment on “Congo Brazzaville : les combattants pour la liberté en passe de réussir leur pari ?

  1. La désobéissance civile est le refus assumé et public de se soumettre à une loi, un règlement, une organisation ou un pouvoir jugé inique par ceux qui le contestent, tout en faisant de ce refus une arme de combat pacifique.
    Le terme fut créé par l’américain Henry David Thoreau dans son essai La Désobéissance civile, publié en 1849, à la suite de son refus de payer une taxe destinée à financer la guerre contre le Mexique. et l’esclavage des noirs aux USA.
    Si la désobéissance civile est une forme de révolte ou de résistance, elle se distingue pourtant de la révolte au sens classique.
    La révolte classique oppose la violence à la violence. La désobéissance civile est plus subtile : elle refuse d’être complice d’un pouvoir illégitime et de nourrir ce pouvoir par sa propre coopération. Le principe même du pouvoir politique pourrait rendre possible l’efficacité de cette action.

    L’idée de la résistance à une loi injuste a existé bien avant le XIXe siècle. On peut la faire remonter à la jus resistendi (« droit de résistance ») du droit romain et on peut dire que La Boétie, dès le XVIe siècle, a démontré l’efficacité du procédé.
    Il montre dans le Discours de la servitude volontaire que le pouvoir d’un État repose entièrement sur la coopération de la population. Ainsi, dès l’instant où la population refuse d’obéir, l’État n’a plus de pouvoir. Un peuple peut donc résister sans violence par la désobéissance et provoquer l’effondrement d’un État illégitime, car, disait-il, le pouvoir le plus féroce tire toute sa puissance de son peuple.

    Encore faut-il une prise de conscience générale et le courage des premiers militants pour que ce principe puisse être efficace. C’est principalement Gandhi en Afrique du Sud et en Inde, Martin Luther King aux États-Unis, Mandela en Afrique du Sud, les Mères de la Place de Mai en Argentine et la contestation du pouvoir soviétique dans les années 1980 qui en ont montré l’efficacité. http://www.youtube.com/watch?v=rn-wIPiWI5Q

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