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Burkina Faso: Yacouba Isaac Zida, l’homme intègre des américains contre le terrorisme?

Burkina-lieutenant colonel Zida

Depuis le départ exigé de l’ancien président Blaise Compaoré le 31 octobre 2014, la succession d’événements pour la sauvegarde des acquis sociétaux et la construction des bases d’une nouvelle nation n’ont cessé de surprendre et d’étonner nombreux observateurs et analystes internationaux.

Afin de comprendre certains enjeux diplomatiques et géopolitiques qui ont conduit à la confirmation du lieutenant-colonel Yacouba Isaac Zida au poste de président post-départ de Blaise Compaoré et à sa nomination au poste de premier ministre, le Noyau politique du MCCD s’est approché de ses réseaux diplomatiques.

En effet, d’après nos sources, les Etats-Unis de Barack Obama auraient beaucoup pesé dans la victoire du camp Zida à travers qui « le vide politique et stratégique de la lutte contre le terrorisme qu’aurait pu provoquer le départ de Blaise Compaoré serait bien comblé ». Pour les connaisseurs des dessous de la politique burkinabé de l’ère Compaoré, le général Gilbert Diendéré avait souvent été pressenti comme étant « le seul capable de réussir un coup d’Etat contre le fin Blaise ».  Sauf que les dés ont changé depuis l’entrée en jeu des services de sécurité de la première puissance du monde dont le Burkina Faso représente un territoire capital. Il faut nécessairement « un homme de confiance, formé par eux pour lutter contre le terrorisme ».  Le chant est doux pour endormir tous les éveillés.

Tout aurait commencé le 04 août 2014 lors du sommet USA-Afrique. Blaise Compaoré à qui l’ambassadeur américain au Burkina Faso avait déjà clairement signifié que le président Barack Obama était opposé à toute révision de constitution, était informé que les Etats-Unis auraient déjà trouvé un candidat pour le remplacer et avec qui la poursuite du partenariat dans la lutte contre le terrorisme serait assurée. Sauf que dans l’information qui est donnée à Blaise Compaoré, le nom de son chef d’Etat-major particulier, le général Diendéré est cité comme l’homme des américains.

Blaise Compaoré qui veut, comme dans ses habitudes, montrer à son fidèle compagnon qu’il est au courant de  tout qui se trame, annonce lors d’une interview accordée en marge du sommet USA-Afrique, que ce dernier serait le mieux placé pour le remplacer. Information qui aurait surpris l’intéressé. Pire dans cette interview, Blaise Compaoré fait une grosse erreur diplomatique en déclarant que le président américain n’aurait pas connaissance des enjeux en Afrique. Une grosse erreur que certains de ses fidèles et réseaux qualifieront après sa chute, de « grave bêtise ». Décider d’affronter Barack Obama c’est se taper soi-même une balle dans les hanches. Cet homme qui est présenté par certains comme faible est reconnu par nombreux qui ont travaillé avec lui, comme un « sournois, ne négligeant rien et capable de vaincre ses adversaires à petit feu tout en gardant le sourire »

Sauf que, ce que Blaise Compaoré qui se croyait le plus fort des burkinabé ne sait pas, « l’homme des américains n’est autre que le lieutenant-colonel Yacouba Isaac Zida », adjoint du général Diendéré. Un militaire ayant suivi en 2012 une « formation antiterroriste » à l’université américaine des « forces spéciales de Tampa » en Floride. Un élément de confiance des américains pour la lutte contre le terrorisme ayant un curriculum vitae très lourd avec une mission d’observateur « casque bleu » en RDC et une connaissance totale de la crise ivoirienne dont il en était  « l’officier de liaison de Blaise Compaoré».

A cet épisode du film, les américains sont contents de la stratégie; car ils sont rassurés que Blaise Compaoré se trompe énormément en parlant ouvertement du général Diendéré. Ils savent bien que le vrai plan B de Blaise Compaoré en cas de difficulté n’est autre que son cadet, François Compaoré. Ils sont donc convaincus qu’il y aurait un éventuel crash entre Blaise Compaoré et son chef d’Etat-Major.

Sauf que Blaise Compaoré dont les réseaux françafricains sont à l’œuvre, attend impatiemment le soutien de la France. Après les révélations de Jeune Afrique le 08 octobre 2014, prêtant au président sénégalais Macky Sall des propos de son soutien à son homologue burkinabé, Blaise Compaoré voit une éclaircie le 07 octobre 2014. Quelle coïncidence de dates ? Car dans la correspondance e datant qu’il reçoit ce jour en provenance de la France, le président François Hollande indique clairement que la France est opposée à une révision « Non consensuelle » de la constitution en respect des dispositions de la charte de l’Union Africaine. Le ministre français des Affaires étrangères n’avait d’ailleurs pas hésité de dire le 28 octobre 2014, soit aux premières heures du printemps africain que la position de la France était liée aux dispositions de l’Union Africaine tel que stipulées dans sa charte. Voilà d’ailleurs une partie de sa déclaration : « Le Burkina Faso est un partenaire très important pour nous. Il est très mobilisé pour la stabilité de la région et la résolution des crises. Il est donc primordial qu’il envisage son propre avenir de manière consensuelle et apaisée et qu’il y ait un dialogue entre tous les acteurs politiques pour qu’émerge un consensus sur d’éventuelles modifications de la constitution ».

Un petit quart de tour dans le cerveau de l’homme en manque de souffle qui trouve dans ces petits mots du président français, une bouffée d’oxygène, un bijou. Le consensus ? Mais il peut bien avoir ce consensus. Il a la majorité au parlement. Il peut avoir, à coup de milliards de francs CFA, de faux opposants qui soutiendraient son projet « morbide » comme la Voix du peuple libre n’a cessé de le qualifier. L’Union Africaine ? Mais qui de cette organisation peut lui exiger le respect des dispositions de sa charte ? Blaise Compaoré « requinqué », réunit ses plus fidèles pour mettre en place la stratégie et engager la machine en marche qui va le conduire à la révision « consensuelle » de la constitution.

La stratégie adoptée consiste dans sa première phase à engager des échanges avec certains acteurs de l’opposition afin d’obtenir leur soutien. Cette première étape est une réussite; car le 25 octobre 2014, l’AFD/RDA du tantôt opposant tantôt partisan du Pouvoir, Gilbert Noël Ouédraogo, annonce après la réunion du secrétariat exécutif national, son soutien au projet de révision de la constitution.

La deuxième phase de la stratégie dont le principe est « qui perd-perd, nous sommes les gagnants » consiste à inviter les opposants au dialogue « large » afin de trouver un « consensus ». Si l’opposition accepte le dialogue, la loi de la majorité lui serait imposée. Si elle refuse le dialogue, le président qui devrait constater la crise politique déciderait à ce moment de se tourner vers le parlement pour trouver une solution consensuelle à travers des représentants du peuple.

L’opposition qui comprend à ce stade le piège, accepte le dialogue, mais rejette son caractère large et exige de le limiter aux partis politiques.

Le manque de consensus sur la révision de l’article 227 qui permet à Blaise Compaoré de briguer un énième mandat, sonne la fin du dialogue. L’homme fort de Ziniaré décide alors d’agir en se tournant vers le parlement dont il est sûr d’obtenir la majorité absolue pour modifier la constitution sans passer par le référendum.

Le consensus « souhaité » par la France serait donc obtenu par la classe politique burkinabé. La voie référendaire n’étant plus une préoccupation. L’Union africaine dont la majorité des chefs d’Etats sont soit putschistes, soit despotes, ne pourrait qu’avaliser cette mascarade. Et la France qui se dit s’aligner sur la position de cette institution coquille vide et dépendante des chefs d’Etats majoritairement dictateurs, ne saurait renier sa propre parole.

Loin de revenir sur tous les événements qui ont suivi les premières heures du « printemps africain au Burkina », il sied de noter qu’après l’auto-proclamation du chef d’Etat-major général, le général Honoré Traoré, les Etats-Unis auraient mis en marche, par le biais de l’ambassadeur américain, le rouleau compresseur pour imposer leur poulin. Il n’est pas question de laisser ce proche de Blaise Compaoré, qui dissout toutes les institutions excepté le président, gérer la transition.

La suite, tout le monde la connait. Le lieutenant-colonel Zida qui venait d’être nommé premier ministre assure dans le même temps le rôle de ministre de la défense. Et de ses lieutenants assure la sécurité territoriale.

Toute la messe étant dite, seuls les noms baptisés se désisteraient d’eux-mêmes de prendre la communion. L’antiterroriste lieutenant-colonel Zida est le « vrai chef » du pays des hommes intègres post Blaise Compaoré.

Saluant la constance et la clarté du président américain Barack Obama et de son administration en ayant toujours martelé être « contre toute modification des constitutions », le Noyau politique du MCCD souhaite que la transition burkinabé se passe dans des conditions qui respectent la volonté du peuple burkinabé qui mérite bien l’honneur.

Il est évident que cette constance, ajoutée à la clarté du dernier message du président François Hollande, met de plus en plus les dictateurs africains en difficulté, dont le général despote Denis Sassou Nguesso qui passe de très mauvaises nuits.

Le dictateur Denis Sassou Nguesso pense que ses amis et complices de toujours vont l’aider à se défaire de la corde qui lui serre le cou, grâce à un quelque dialogue qui aboutirait à la formation d’un « gouvernement d’union des égoïstes et carriéristes ».    

La patrie africaine ou la mort nous vaincrons

  MCCD : La Voix du Peuple Libre

One comment on “Burkina Faso: Yacouba Isaac Zida, l’homme intègre des américains contre le terrorisme?

  1. Oui nous avons besoin des hommes instruits, comprehensifs, humbles, integres comme le Lieutenant-Colonel Zida. Que Dieu lui benisse, l’assiste afin de conduire a bien cette transition et afin que cette institution soit l’example des futures institutions fortes en Afrique. On a besoin des institutions fortes et non des hommes forts comme le dit le President Barak Obama. Pas besoin des hommes soi-disant forts qui passent tout leur temps a tuer, massacrer, ratisser, exterminer, empoisonner, emprisonner, affaiblir, denoncer, enlever, exclure, affamer, assujetir le peuple.
    Oh mon Dieu, fait grace a ton peuple. Quand tu commences, tu termines toujours. Tu n’as jamais laisse des chantiers inacheves.

    Nous te louons Pere pour ta main forte en Afrique.

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